Attrape-le comme tu peux !
Le Catch, plus spectacle que sport selon le sociologue et philosophe Roland Barthes, est pratiqué de nos jours surtout au Etats-Unis, au Mexique, au Japon et dans certains pays d’Afrique. Pourtant, si ce sport moderne dérivé de la lutte et des arts forains est peu présent aujourd’hui dans l’Hexagone, ses origines sont bel et bien Européenne.
Au 19è siècle, à travers le Vieux Continent, les Cirques ravissent les foules de leurs spectacles pluridisciplinaires, parmi lesquels des combats mis en scènes de façon théâtrale, qui font appel à des techniques empruntées aux différentes écoles de lutte traditionnelles. Puis, de 1840 à 1860 se forment, de la France jusqu’à la Russie, en passant par l’Autriche, l’Allemagne et la Pologne, les premiers groupes de lutteurs indépendants, qui se professionnalisent en marge des compagnies de Cirque. La plupart du temps, ces groupes sont dirigés par un manager qui gère les différent aspect du business (spectacles billets publicité administration…etc) , à l’instar de la plus célèbre formation professionnelle du 19è siècle, celle crée à Saint-Petersbourg en l’an 1885. Cette organisation comptera à travers l’Europe, dans ses heures de gloire, plusieurs dizaines de filiales, à la manière, déjà, d’une fédération.
Malheureusement pour le Catch en Europe, la Seconde Guerre Mondiale verra le déclin de ce sport-spectacle, allant même, dans certain pays, jusqu’à l’interdiction, à l’instar de la Suisse ou il est même alors interdit d’écrire sur le sujet !
En France pourtant, le catch et au sommet de sa gloire dans les années 50-60. Et il n’est plus, à cette période, limité à l’enceinte des fêtes foraines ni considéré uniquement comme une attraction, il gagne peu à peu ses lettres de noblesse. Des galas de catch sont organisés pour des évènements spéciaux, comme la Fête Nationale du 14 Juillet, mais c’est également l’époque où il commence à être retransmis à la télévision, le plus souvent en « access prime-time » (première partie de soirée). Le public Français vibre alors pour les noms célèbres de ces lutteurs modernes que sont « Le PetitPrince », « Le Bourreau de Béthune », « André le Géant » ou encore « l’Ange Blanc », pour ne citer que les plus connus. Les billets se vendent comme des billets de théâtre, les amateurs de catch se rendant alors à un spectacle dont les acteurs ont des noms de scène.
Ce seront ensuite, nous le savons, les Américains qui reprendrons le flambeau dans les années 60, avec le succès qu’on leur connait.
Si le Catch connaitra tout de même un regain d’intérêt de la part du grand public Hexagonale, au milieu des années 80, sous l’impulsion de la chaine Canal+ qui achète une partie des droits de la WWF et diffuse les show principaux, le Vieux Continent sera désormais et durablement influencé par l’école américaine, laissant mourir dans l’ombre le désuet style français.
Depuis, la diffusion télévisée du « Catch-as-catch-can », littéralement « Attrape le comme tu peux », est assuré principalement par les chaines de la TNT. Le reste de la culture catch en France se fait surtout à travers les publications presse, l’Internet, et, bien sûr, les manifestations « live », comme à Bercy par exemple.
L’Europe, berceau du catch, a oublié la beauté des sports de luttes d’antan qui l’ont inspiré, mais heureusement pour tous les passionnés, cette culture ancestrale et moderne à la fois est entretenue dans le pays des Gaules par les passionnés, dont fait partie Catchmania !